Seminar 5

Representations of human beings, especially those who are suffering.

Date: 12 and 13 March 2015
Place: International Red Cross and Red Crescent Museum, Geneva

Registration and information

This seminar will examine the difficult issue of visual and verbal testimony in crisis situations, representation of misery or disaster and of the human beings involved in it. In a text on intolerable images, Jacques Rancière has said that ‘representation is not the act of producing a visible form, but the act of offering an equivalent – something that speech does just as much as photography. The image is not the duplicate of a thing. It is a complex set of relations between the visible and the invisible, the visible and speech, the said and the unsaid. It is not a mere reproduction of what is out there in front of the photographer or the filmmaker. It is always an alteration that occurs in a chain of images which alter it in turn…’. The nature of the discourse that reveals, the nature of revealing, will be explored by Marie-José Mondzain, showing that the clash between iconophiles and iconophobes has remained largely unchanged throughout history. Video documentaries, photographic reports, conscious-raising advertising campaigns, illustrated testimony, comic strips and other forms of reproduction will be compared here. One day of the seminar will be devoted to analysis of work by artists such as Alfredo Jaar, Martha Rosler and Ursula Biemann.

Invisible Seminar5

 

Réflexions autour du séminaire 5

par Odile Khoury

  • Comment le choix des OI est fixé quant au choix des photos qu’elles utilisent ?
  • Comment pouvons-nous représenter à notre tour la souffrance humaine ?

L’éternelle question qui se pose serait s’il vaudrait mieux montrer ou non l’atrocité ou le contexte de crise dans son intégralité?

La première option impliquerait alors un tableau réel, qui semble spontané et donc plus crédible, mais ôte en même temps toute place à l’imagination générée par une photo plus symbolique, autour de laquelle nous pouvons construire une histoire et qui aurait le mérite de permettre à chaque individu d’être touché autant que ses émotions et sa pudeur le lui permettent. Ce choix impliquerait également un éventuel manque d’égard envers les personnes représentées dans ces photos, les transformeraient même à la limite en outil de communication et passerait outre leurs propres sentiments s’ils venaient eux ou l’un de leurs proches à se voir dans ces photos. À la longue, ceci pourrait banaliser les images « fortes » et leur impact chez le public, et, au risque d’empiéter sur les terrains des psychologues, je me risque à dire que ceci pourrait aussi provoquer une contre-réaction de vengeance, de violence et même un certain voyeurisme inné en toute personne chez ceux qui voient les photos en question.

La deuxième option serait de monter des photos allusives sans pour autant qu’elles ne soient tout à fait existantes, de choisir des angles suggestifs mais qui ne montrent pas toute la réalité. Ce choix aurait le mérite de ménager la sensibilité des personnes à qui ces photos s’adressent, de respecter les personnes-sujets de la photo mais aussi l’inconvénient de l’effet montage, le manque de spontanéité de l’instant et diminuerait peut-être automatiquement leur crédibilité.

Nous pouvons nous appuyer là sur un exemple devant le choix du visuel à montrer, sur une expérience que Julie a testé pour son projet, où voir un film dans lesquels les corps flottaient l’avait aidé à mieux comprendre, à plus sentir le thème et à mieux le transmettre ; elle a cependant voulu épargner ce film qu’elle a estimé trop violent à son public, et leur a par conséquent transmis une image symbolique. La question reste : est-ce qu’elle a pu les toucher par un visuel symbolique autant qu’elle l’a elle-même été en plongeant en plein dans la vérité ? Bien entendu ceci varie d’une personne à une autre selon sa capacité de tolérance, son vécu, sa culture, etc.

Les symboles, importants pour nous graphistes habitués aux images, n’ont pas forcément le même impact sur les autres ? Quels choix adopter quant à notre représentation de la souffrance humaine ?

Plusieurs choix se présentent :

  1. Faire participer les victimes elles-mêmes à la description de leur situation ; ceci aurait le mérite de leur donner le choix de paraître ou pas publiquement et sauvegarderait donc une part de leur dignité, il aurait également le mérite de garder la véracité des faits et toucherait par la même occasion le public.
  2. Présenter les images que nous ne pouvons pas éviter mais d’une manière discrète, en donnant le choix au lecteur de les regarder ou pas. Ceci aurait deux aspects importants : laisser le choix au lecteur et b. préserver, ne serait-ce que symboliquement le respect de cette douleur en la rendant de manière discrète, sans étalage.

Suggestion : filtre en papier calque au-dessus des images fortes ou sinon, des pages            doubles fermées de l’intérieur ou partiellement fermées et dont     la décision de voir ou de ne pas voir reviendrait au lecteur lui-même.

  1. La narration/ le récit de l’information. Ex : les jardins autour des tentes que Julie a montré et qui suggèrent sans étaler et laissent ainsi place à la liberté du public et à l’imagination de chacun selon ses disponibilités et ses capacités, un peu à la manière du descriptif d’un texte.
  1. Humaniser les photos en précisant les noms des victimes. Ceci en même temps que le respect. Aller à l’encontre de l’ « animalisation » d’un bourreau lorsqu’il veut attaquer sa victime ; ceci lui rendra une part de sa dignité.

 

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